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Darkness de Jaume Balaguero
Avec : Anna Paquin, Lena Olin, Iain Glen, Stephan Enquist, Giancarlo Giannini
Néant

Auréolé d'un premier film plutôt réussi (La Secte sans nom) le nouveau film de Jaume Balaguero était forcément attendu, surtout dans le contexte d'un cinéma de genre espagnol sur-vitaminé et doté d'une génération dorée (Amenabar, de la Iglesia et consorts).
C'est ainsi que Darkness tisse sa toile autour d'une maison hanté et d'un étrange rite sacrificiel concernant des enfants.

Regina (Anna Paquin), son père Mark, sa mère Mary et son frère Paul s'installent dans l'arrière-pays barcelonais afin de partir sur de nouvelles bases et de renouer avec l'enfance espagnole de Mark.
Rapidement, des étranges évènements se produisent qui prennent pour cible le jeune Paul alors que dans le même temps, Mary surchargée de travail perd contact avec la réalité et que Mark devient de plus en plus agressif. Dans cette ambiance fragile, la nouvelle demeure semble être le catalyseur d'évènements inexpliqués.

Supposé être un film glauque et terrifiant, Darkness s'avère en réalité être un échec patent.
Lorgnant avec jalousie du côté de Shining et de Dario Argento, c'est pourtant plutôt vers Amytiville la maison du diable que Darkness se situe! Malgré quelques effets de caméra intéressants (notamment la pluie qui tombe), Darkness ne parvient pas à transcender ce qui a été déjà vu dans d'autres films, ni même à éviter les clichés du film de genre (l'apparition de spectres, les coupures d'électricité sans explication, les portes qui se bloquent, la scène où Mark pris d'un accès de rage poursuit Paul et Mary dans la salle de bain, etc.).

Darkness pâtit en outre d'un scénario extrêmement mal conçu et rempli d'incohérence, jusqu'à la scène finale, qui flirte avec les sommets de la série Z italienne, dans la quelle les ténèbres envahissent le monde en coccinelle! Balaguero a visiblement dû batailler ferme avec Miramax pour faire son film et donne l'impression de ne pas croire lui-même à l'histoire qu'il raconte (cf la scène où l'architecte expliquant pourquoi et comment la maison a été construite se voit interrompre par Carlos, le petit ami de Regina (Fele Martinez vu chez Almodovar dans Parle avec elle) qui lui dit que son histoire est trop grotesque pour être crue; comme le si le réalisateur disait lui-même au public à quel point il était désolé d'infliger une histoire aussi invraisemblable à son public!). Comment dans ses conditions peut-il espérer susciter la peur?

Après l'arnaque eschatologique que représentait Intacto, Darkness représente une immense déception pour les fans du cinéma de genre qui pouvaient légitimement espérer mieux. Le cinéma de genre espagnol parti à la chasse aux dollars serait-il en train de perdre son âme et d'être ingurgité par les ténèbres hollywoodiennes?
G.P.L. 

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