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Va et vient de Joao César Monteiro
Avec : Joao César Monteiro, Rita Peirera Marques, Manuela de Freitas, Miguel Borges, Rita Durao
Dernière danse

Au premier coup d’œil, on aura du mal à reconnaître Joao César Monteiro dans Va et vient. Pour son ultime film, le cinéaste portugais affaibli par une longue maladie accomplit pourtant de véritables prouesses tant sa présence à l’écran dégage une rare intensité.

Cette fois-ci, il ne s’appelle plus Jean de Dieu mais Joao Vuvu, un veuf solitaire, malade et condamné. Quand il tourne son film, Joao César Monteiro sait qu’il n’en a plus pour très longtemps, son alter ego aussi. La caméra suit donc les déambulations de ce vieux lisboète à travers un teritoire extrêmement réduit, des bus, des parcs, sa maison. Pourtant, il n’est ici nullement question de tirer sa révérence. Au contraire de cet apparent repli sur soi, naît en un long mouvement de balancier une ouverture grandiose sur le monde et la nature, le Va et vient du titre.

Le cinéaste laisse libre cours à ses obsessions, les femmes à travers les jeunes filles débauchées par Joao Vuvu mais surtout la parole, ultime instrument du désir pour ce corps fatigué. A quoi bon se lamenter sur son sort ? Joao César Monteiro nous livre une poignante leçon de vie. Il s’agit d’occuper au mieux le champ de la caméra d’où une mise en scène assez théâtrale mais aussi un art consommé du plan séquence, sa capacité à saisir le moindre geste dans sa durée et sa beauté.

Jusqu’au bout, Joao César Monteiro reste fidèle à ses convictions. Il rejette un fils indigne chantre de la bien-pensance et laisse libre cours à ses pulsions libidineuses jusque dans sa chambre d’hôpital, la marque d’un esprit totalement libre et inscrit dans la volupté de l’instant présent. Dans la dernière séquence du film, Joao César rencontre une dernière jeune femme perchée sur un arbre qui le subjugue par sa beauté, ultime réconciliation de l’homme et de la nature qui renvoie au Noces de Dieu, à ce « je redeviendrai poussière, mais poussière énamourée » annoncé par Jean de Dieu à un envoyé du ciel. Avec ce plan magistral qui conclut son œuvre, il a définitivement tenu sa promesse.
J.H.D. 

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