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Tiresia de Bertrand Bonello
Avec : Laurent Lucas, Clara Choveaux, Thiago Teles, Célia Catalifo, Lou Castel
En trans

Une vraie curiosité que ce Tiresia. Curiosité malsaine d'observer un transsexuel évoluer à l'écran. Curiosité cinématographique de voir un film semblable à nul autre. Tiresia (Clara Choveaux/Thiago Teles), prostituée au Bois de Boulogne se fait kidnapper par Terranova (Laurent Lucas) qui la garde prisonnière afin de vivre un amour platonique et éternel. Mais quand la femme sevrée d'hormones femelles redevient homme, le charme est rompu et Terranova se débarrasse de son otage en lui crevant les yeux et le laissant pour mort en pleine forêt. Sauvé et recueilli par Anna, un second film commence dans lequel Tiresia aveugle découvre son don de clairvoyance. Endossant le costume de la Pythie, sa renommée va grandissante jusqu'au moment où il se retrouve confronté à l'incompréhension et à la haine.

Illustration d'un mythe antique, réflexion sur la condition humaine, la religion, l'humanité, le destin, Tiresia est tout cela… et bien plus encore. Bertrand Bonello réussit en effet le tour de force d'aborder des thèmes universelles à travers un sujet qui a priori ne l'est pas. Mais forcément avec un tel sujet, Bonello ne vise pas exactement un public universel. On l'aura compris Tiresia est un film difficile, un film freak en quelque sorte en plus d'être un film de freaks.
Pour mener à bien son projet, Bonello choisit un traitement simple, minimaliste même, et force est de constater qu'il parvient à éviter que son film ne sombre dans le vulgaire et/ou le ridicule.

Pour autant, Tiresia ne saurait être une œuvre satisfaisante. Commençant comme un remake du Voyeur de Michael Powell, Tiresia au fur et à mesure de son déroulement prend soudainement une dimension mystique comme si Bonello ne savait pas lui-même quel tour donner à son film. En outre, la manière tout en rupture qu'a choisi Bonello pour signifier le changement de vie et le changement de ton du film donne à l'écran une sensation mécanique et artificielle à l'œuvre particulièrement insatisfaisante, tant est si bien qu'à la fin du film seule la curiosité du spectateur est réellement assouvie.
G.P.L. 

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