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Le Film Décrypté : Monika de Ingmar Bergman
Avec : Harriet Andersson, Lars Ekborg, Renee Bjorling, Dagmar Ebbesen, Ake Fridell, Naemi Briese
Une enfant terrible

Quand il réalise Monika en 1952, Ingmar Bergman est encore un inconnu hors des frontières de la Suède. L’œuvre du cinéaste, révélé l’année suivante, à l’occasion d’une rétrospective du cinéma scandinave à la cinémathèque de Paris, possède déjà une maturité indiscutable et une richesse thématique illustrée à merveille par cette cruelle romance adolescente.

Harry rencontre Monika dans un café. Ils font connaissance et sortent bientôt ensemble. Après une nouvelle dispute, le jeune garçon livreur quitte son employeur et recueille son amie qui a fui le domicile de ses parents. Ils partent ensemble pour l’île d’Orno passer un été de soleil et d’amour, des vacances idylliques interrompues quand Monika annonce qu’elle est enceinte. Le couple retourne alors à Stockholm où Harry décide de prendre en charge la petite famille en devenir…

Comme dans la plupart de ses premiers films, Bergman sonde la jeunesse, ses frustrations et ses révoltes contre l’ordre établi, mais aussi l’incapacité à s’assumer et à devenir adulte. A cet égard, la trajectoire des deux héros est assez représentative de ces errements. Harry qui n’a pas connu sa mère et n’a jamais pu communiquer avec son père taciturne tente de fonder une cellule familiale que Monika tente par tous les moyens de faire exploser. Il y a ainsi à la fois quelques chose de tragique et de remarquable dans cette confrontation inégale, c’est sûrement la beauté de ces visages filmés dans le même cadre et magnifiés par un sublime noir et blanc fait de contrastes et de jeux de lumières, la marque de fabrique d’une œuvre étrange et mystérieuse.

A l’instar de la Brigitte Bardot de Et Dieu créa la femme, Monika est un femme libre. A cet égard, Bergman ne la juge pas, il lui réserve même une superbe scène. Assise dans un bar, avec un amant, elle se tourne brusquement pour regarder fixement la caméra. Le décor s’estompe progressivement pour ne plus laisser place qu’à un visage solitaire nous interdisant toute forme de jugement. Cette épure formelle fut rejetée à l’époque par la critique mais défendue par quelques uns, parmi lesquels un certain Jean Luc Godard. Elle trouvera cependant quelques années plus tard son public et une forme de réhabilitation avec l’Essor de la Nouvelle Vague.
J.H.D. 

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