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Le Monde de Nemo de Andrew Stanton et Lee Unkrich
Avec : les voix de Albert Brooks, Ellen DeGeneres, Alexander Gould, Willem Dafoe, Geoffrey Rush, Eric Bana, Brad Garrett, Allison Janney (V.O.)
La merveille

L’histoire commence comme Bambi avec la scène du traumatisme : une mère poisson clown meurt alors qu’elle protège ses œufs d’un barracuda vorace. Marlin, son compagnon, jure de protéger sans relâche l’unique rescapé de la couvée, Némo. Le temps passe et Némo, devenu un petit poisson aussi curieux que sa nageoire droite est atrophiée supporte mal l’omniprésence d’un père méfiant et ultra protecteur. Le drame survient quand Némo se retrouve dans un aquarium à Sydney après s’être fait capturer par un plongeur. Marlin va braver les dangers de l’océan Pacifique pour sauver son rejeton.

Cinquième film d’animation en images de synthèse pour Disney et, une fois encore, le résultat dépasse toutes les espérances. A l’inverse du département d’animation traditionnelle en perte de vitesse depuis quatre ans (ses échecs récents sont mérités à l’exception de Kuzco, injustement mésestimé), les studios Pixar n’ont de cesse de livrer, au rythme d’un long-métrage tous les deux ans, des bijoux d’une subtile intelligence et d’une maîtrise technique incontestable. Chaque nouveau film est encore plus difficile à réaliser que le précédent : la texture et le mouvement de la dense fourrure de Sulli dans Monstres et Cie laissent maintenant place à la prouesse de reproduire toutes les expressions humaines sur le volume facial limité du poisson ou encore restituer la complexité des reflets sous-marins. Mais cet impressionnant résultat esthétique ne serait rien sans la maîtrise total du récit chère à John Lasseter et ses disciples.

La fine équipe de scénaristes a écrit un road movie sous-marin qui frôle la perfection. Cela commence avec une certaine tristesse pour s’orienter vers le méga show aquatique trépidant et rempli de moments d’anthologies. Il faut les voir, Dory l’amnésique parlant couramment la baleine, les squales végétariens dans leur réunion des « carnivores anonymes » mais aussi Crush, la tortue amateur de glisse s’exprimant avec un patois de surfer, dude ! Difficile de ne pas rire franchement devant l’imagination sans limite de l’équipe. A cela s’ajoutent les jeux de mots excellemment travaillés et surtout des clins d’oeils cinématographiques transformant Le monde de Némo non pas en film pour enfants mais en film « toutes générations » ainsi qu’en une implicite mais néanmoins magnifique déclaration d’amour pour le septième art (les plus identifiables étant Les dents de la mer, Shining, Psychose, Les oiseaux)

Mais Le monde de Némo est aussi une belle source d’émotions avec cette histoire d'un père et d’un fils qui ne savent pas communiquer. Entre ce père écrasé par la culpabilité et ce fils qui souhaiterait un peu plus de confiance et de liberté, il sera question de combler cet écart mais aussi que Marlin accepte le besoin d’héroïsme paternel de Némo, en témoigne cette jolie et amusante variation du téléphone arabe. Des messages pouvant facilement être jugés édifiants mais ils passent superbement grâce à ce raz de marée de gags et de trouvailles visuelles. En combinant merveilleusement technique, science du récit et émotion, Le monde de Némo mérite ce succès planétaire et montre que la grandeur cinématographique peut aussi se trouver dans l’animation. D’ailleurs Crush résume le film avec cette simple réplique : awesome, dude !
J.F. 

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