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Rosenstrasse de Maragarethe von Trotta
Avec : Katja Riemann, Maria Schrader, Jürgen Vogel, Jutta Lampe, Doris Schade

Refuser, résister

Une musique lancinante plane sur un vieux cimetière juif de New York, annonçant une nouvelle disparition. Ruth Weinstein vient de perdre son mari. Elle convoque ses proches pour organiser une cérémonie du souvenir en hommage au défunt mais rejette obstinément le petit ami de sa fille Hannah, Louis un sud américain non juif. Sur les conseils d’une cousine éloignée, Hannah part pour Berlin pour enquêter sur le passé de sa mère. Elle rencontre une certaine Lena Fischer, une vieille allemande qui a l’époque avait sauvé Ruth des nazis. Tout avait commencé en 1943…

On pourrait croire que l’on connaît déjà tout de cette période sombre du Troisième Reich, que tout a déjà été dit ou raconté. Il n’en est rien. Ce passé ne passe pas, il continue de hanter la mémoire collective et le cinéma allemand. Margarethe von Trotta évoque ici un épisode méconnu. A l’hiver 43, plusieurs femmes allemandes, des aryennes, protestèrent contre l’arrestation de leur conjoint juif, avant d’obtenir in extremis leur libération.

A partir de cet acte de rébellion courageux, Mararethe von Trotta signe un magnifique portrait de femme. Si la cinéaste rend hommage à leur dévouement et leur courage, le véritable sujet du film reste néanmoins l’opposition silencieuse d’une partie de la population allemande à la barbarie nazie. Ce thème fut longtemps considéré comme tabou, et les auteurs de l’attentat du 21 juillet perçus comme des traîtres.

La force du film de Mararethe von Trotta réside pourtant dans sa capacité à dépasser la simple évocation du devoir de mémoire. Pourquoi résister ? Pour quelle cause ? La cinéaste explore le lien de tout un chacun à son histoire et son passé, que se soit Lena, son frère ou bien sûr Ruth. En filigrane, se lit une réflexion passionnante sur le rapport de chaque juif à l’holocauste ou plus généralement à ses racines. Ce long et douloureux questionnement guide Hannah tout au long de ses conversations avec Lena. Il lui permettra de comprendre enfin sa mère. Ce film magnifique peut dès lors se conclure sur une note sensible et émouvante, celle d’une jeune femme enfin réconciliée avec une partie d’elle même.
J.H.D. 

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