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May de Lucky McKee
Avec : Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris, James Duval, Nichole Hiltz
May fait ce qui lui plait

May est une anomalie dans le système cinématographique actuel. Film d'horreur indépendant, sans aucune star, bénéficiant seulement d'un bouche à oreille, May aurait logiquement dû se contenter d'une carrière de direct-to-video. Mais parfois l'histoire a des ratés, et May s'est vu offrir sa chance (même s'il fallait être vigilant pour voir ce film sur grand écran), ou plus exactement c'est nous qui avons eu la chance de voir ce petit film remarquable. En effet, May s'avère à la fois être un remarquable hommage aux films d'horreur tendance psycho des années 70-80 qui ont fleuri après le succès du Carrie de Brian de Palma et un vrai petit bijou du cinéma indépendant.

May (Angela Bettis déjà croisée dans Beauté volée, l'Elue) est une jeune fille pas toute à fait comme les autres, elle souffre d'un léger handicap, un de ses yeux est "un peu fainéant", et afin de corriger ce handicap, May doit porter de hideuses lunettes. Rejetée par les autres enfants, elle grandit avec pour seule amie, une poupée qui lui offre sa mère et qui devient son alter ego. Jeune adulte, May évolue dans un univers fortement imprégné d'imaginaire et lorsqu'elle se retrouve confrontée à la dureté des relations humaines, May voit peu à peu la mince glace la séparant de la folie se morceler.

May évolue sur un double registre, le film d'ado attendrissant avec ses histoires de cœur et de sexe, et le film d'horreur inquiétant avec une héroïne complètement déjantée. Si d'une manière générale le casting du film est remarquable, l'une des grandes forces de May repose justement sur Angela Bettis que l'on sent glisser inexorablement vers une folie sans fond. Cette actrice est extraordinaire, habitée par son rôle d'une manière terrifiante. Une mise en scène percutante de Lucky Mc Kee (c'est son premier "vrai" long métrage), non dénuée d'une certaine poésie (notamment l'astucieuse mise en parallèle de l'évolution de May avec les fissures sur la boîte de sa poupée, la scène avec les enfants aveugles) accompagne ce casting et contribue à faire de May une expérience cinématographique passionnante. Sur cette base solide, Lucky Mc Kee parvient à nous faire plonger "à l'intérieur" de May et livre un film tant visuellement qu'émotionnellement intense.
G.P.L. 

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