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Les Revenants de Robin Campillo
Avec : Géraldine Pailhias, Jonathan Zaccaï, Frédéric Pierrot, Catherine Samie, Marie Matheron, Djemel Barek

Bref séjour parmi les vivants

A peine le générique commencé, ils sont déjà là. Ils sortent de leur tombe, quittent leur cimetière et reviennent errer dans les villes. Le premier film de Robin Campillo raconte le retour à la vie de soixante millions de morts et leur difficile réintégration. Il serait pourtant stupide de comparer Les Revenants et les autres films de morts vivants, Zombie en tête. Robin Campillo refuse le gore des images de Romero pour une étude psychologique de ce bref séjour parmi les vivants.

Le regard du cinéaste se porte sur une petite ville de province dans laquelle il suit trois histoires différentes. Un couple réapprend la vie de famille avec leur fils disparu, le maire retrouve son épouse absente tandis que la jeune Rachel voit réapparaître l’homme qu’elle aimait. Dès lors, le film pose quelques questions embarrassantes sur le poids du souvenir ou la fin du deuil dans une ambiance irréelle parfaitement maîtrisée, où l’espoir caresse l’angoisse en permanence.

Ces histoires singulières trouvent un prolongement commun au conseil municipal où siègent les personnages principaux. Un médecin sert de lien entre elles. Il tente vainement de mettre en garde les habitants. Ces morts ne sont pas revenus à la vie et leur comportement instaure progressivement le doute quant à leurs réelles motivations. Comme Romero, Robin Campillo se risque sur le terrain de la parabole politique. Les morts se réunissent le soir et forment une communauté à part entière. Que faire de ces gens ? Faut il leur donner un travail ? Le film pose alors la douloureuse question de leur intégration avec en toile de fond l’évocation d’une possible menace terroriste puisque les morts font sauter des bâtiments. Deuil impossible, menace terroriste, fable sur la mort annoncée du travail et de la société, ce premier film ne tranche pas et laisse le spectateur médusé devant sa troublante singularité.
J.H.D. 

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