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Aviator de Martin Scorsese
Avec : Leonardo di Caprio, Cate Blanchett, John C. Reilly, Alec Baldwin, Kate Beckinsale

Etats-Unis, années 20. Héritier d’une puissante famille d’industriels texans, le jeune Howard Hughes tente de terminer Hell’s Angel, une production démesurée aux séquences de combats aériens révolutionnaires. Eternel insatisfait, le jeune metteur en scène multiplie les prises de vues, dépassant largement son budget. La presse de l’époque et Hollywood s’en amusent la légende est en marche…

Martin Scorsese adapte sur grand écran la vie d’une de ces nombreuses figures mythiques de Hollywood. Howard Hughes a ainsi marqué de sa démesure un cinéma américain qui sortait à peine du muet : Hell’s Angel et ses duels époustouflants,
Scarface et les premiers grands films signés Howard Hawks. Séducteur, Howard Hughes savait aussi s’entourer de jolies femmes, Katarine Hepburn et Ava Gardner même si une phobie des microbes et des maladies allait progressivement l’isoler du monde du spectacle.

Martin Scorsese apporte un soin particulier à chaque détail. Surtout, le cinéaste retranscrit avec talent le tournage grandeur nature de Hell’s Angel et ses prises de vue aériennes démesurées. Dans le rôle titre, Leonardo di Caprio atteint une nouvelle dimension, sa capacité à incarner le magnat impressionne sans parler de l’interprétation magistrale de Cate Blanchett qui campe une Katarine Hepburn plus vraie que nature.

Malheureusement, le cinéaste ne parvient pas à maintenir une telle qualité tout au long du film. A partir du moment où Martin Scorsese aux déboires de Howard Hughues, à ses démêlés avec la TWA, Aviator perd le rythme haletant et surtout l’ampleur qui le caractérisait jusqu’alors. Le film devient alors extrêmement terre à terre un comble vu le sujet.

Le spectateur a dès lors tout le loisir de s’interroger sur la démarche, en particulier sur les zones d’ombres d’un homme pas tout à fait irréprochable, purement et simplement esquivées : son racisme à l’encontre des noirs et son antisémitisme virulent qui ne sont plus aujourd’hui discutés sont étrangement éludés. Il est donc dommage qu’un cinéaste aussi talentueux que Scorsese - peut être plus intéressé par la perspective de décrocher en fin son oscar - ne semble retenir du sujet qu’un vernis superficiel fait de glamour, strass et paillettes pour accoucher finalement d’une biographie pompeuse assez propre sur elle.
J.H.D. 

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