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Voyage Scolaire de Henner Winckler
Avec : Steven Sperling, Sophie Kempe, Bartek Blaszczyk

Nouvelle vague allemande

Il y a quelques années encore, on ne donnait pas très cher du cinéma allemand : Invincible, le dernier opus de Werner Herzog confiné à une sortie confidentielle dans son propre pays (une salle itinérante), Wim Wenders parti s’exiler aux Etats-Unis, et le phénomène alarmant d’une vampirisation par le cinéma de genre américain dont la co-production Heaven signait le lamentable manifeste.

Pourtant, le cinéma allemand a su résister et trouver dans l’histoire de l’Allemagne les moyens de reprendre de la hauteur avec des oeuvres à la fois collectives et personnelles comme Das Experiment, Goodbye Lenin ! ou encore Rosenstrasse. Mieux, à côté de ce cinéma « visible », vient s’ajouter les oeuvres d’une nouvelle génération de jeunes cinéastes dont on a pu déjà constater le talent, notamment avec la sortie en août dernier du Bois Lacté de Christoph Hochläuser. La sortie ces jours-ci de 3 films, regroupé sous le titre Nouvelle Vague Allemande nous permet une fois de plus de constater la vitalité du cinéma allemand et la découverte d’un nouveau talent prometteur Henner Winckler.

Son Voyage Scolaire suit un groupe de jeunes allemands partis en classe de découverte quelque part en Europe de l’est. Rapidement, un personnage attire l’attention du cinéaste, Ronny un jeune garçon qui ne parvient pas à s’intégrer au groupe. La caméra capte ses errements, ses doutes, sa démarche mal assurée quasi intemporelle. Voyage Scolaire joue ainsi avec la notion de durée portée ici presque jusqu’à l’ennui mais Henner Winckler n’a pas renoncé à toute psychologie.

Le film gagne progressivement en intensité jusqu’à jouer la carte d’un fantastique qui s’intègre parfaitement à l’impression de flottement général. Il se dégage ainsi un étrange sentiment de culpabilité, celui d’une génération peu assurée entre repli sur soi et ambitions déçues. Vingt cinq ans après la mort de Rainer Werner Fassbinder, c’est indéniablement une bonne nouvelle.
J.H.D. 

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