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Sideways de Alexander Payne
Avec : Paul Giamatti, Thomas Hayden Chruch, Virginie Madsen, Sandra Oh

In Wine we trust

Quiconque se souvient des déambulations de Mr Schmidt, connaît le goût pour la ballade voire l’errance de Alexander Payne. Il se confirme une nouvelle fois avec cette surprenante comédie au titre évocateur, celui des sorties d’autoroutes que les deux héros empruntent pour mieux se perdre sur la roue des vins, quelque part en Californie.

Professeur de littérature, écrivain raté à ses heures perdues, Myles propose à son meilleur ami Jack d’enterrer sa vie de garçon. Les deux amis partent donc ensemble sillonner le vignoble californien à la recherche d’un bon verre de vin pour l’un, d’une fille à déduire pour l’autre, malgré un mariage imminent.

Après Jonathan Nossiter, le cinéma américain se découvre pour notre plus grand plaisir avec Alexander Payne un nouveau cinéaste oenologue. A l’instar de Mondovino, Sideways célèbre le vin, ceux qui le fabriquent mais aussi ceux le dégustent avec leur cœur. La boisson sert néanmoins de relais à une réflexion plus profonde sur les valeurs de l’Amérique d’aujourd’hui.

Drôle de film en effet, parsemé mots français de références à Robbe Grillet ou au Cabernet Sauvignon. Dans des paysages assez consensuels, le vin énonce une histoire – idée reprise de Mondovino – et une culture différente où l’on préfère prendre le temps d’un pique-nique pour déguster un verre de vin.

Cette image d’Epinal n’est pourtant qu’un trompe l’œil. De même que Jack tente d’aider Myles à séduire une jeune femme, Myles tente d’initier Jack au monde du vin sans succès. Le personnage garde en effet toute sa trivialité tout au long du film, soulignée sur la fin par le bandeau qu’il porte sur le visage après s’être fait tabassé par une amante éconduite, cette blessure révélant ainsi sa véritable nature hypocrite. Les deux amis campent donc sur des positons irréconciliables. Le film de Alexander Payne met ainsi à jour des fractures latentes à l’œuvre dans l’Amérique contemporaine que le happy end parvient difficilement à dissimuler.

Dans l’immédiat, elle insuffle au film une certaine fantaisie, sa drôlerie et son faux rythme nonchalant car dans Sideways, il se passe toujours quelque chose à l’écran. La personnalité timide et complexée de Myles en fait un parfait émule de Woody Allen aussi amusant que l’original. La composition de Paul Giamatti rend toutes les facettes de ce personnage de looser romantique auquel on finit par s’attacher. A ses côtés, la trop rare Virginie Madsen, Thomas Hayden Church en dragueur invétéré et Sandra Oh font des étincelles. Ils apportent les nuances nécessaires qui font de Sideways à coup sûr, l’une des comédies les plus subtiles et les plus drôles de ces dernières années.
J.H.D. 

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