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Dark Water de Walter Salles
Avec : Jennifer Connelly, John C. Reilly, Tim Roth, Dougray Scott

Le facteur Jennifer

Dahlia est contrainte de quitter son ancien appartement new-yorkais parce qu’elle n’arrive plus à payer le loyer seule depuis qu’elle et son mari se sont séparés. Résolue à obtenir la garde de sa fille Ceci, elle change de job et doit absolument trouver un appartement dans les délais les plus brefs. C’est dans cette grande période de doute qu’elle se voit contrainte d’accepter un deux-pièces dans un immeuble lugubre située sur Roosevelt Island. Mais l’endroit semble vivant car elle entend des bruits étranges et découvre des infiltrations d’eau noirâtre…

Le remake américain du Dark Water de Hideo Nakata semblait inévitable puisque la lucrative transposition US de son Ringù tendait à confirmer l’implantation du fantôme japonais à tête masquée par un rideau capillaire sur le marché américain. Mais si la resucée de la VHS qui tue par Gore Verbinski (The Ring) marchait plutôt bien, on était loin du compte avec son autoremake de Ringù 2, pas effrayant pour deux sous. Donc l’annonce du remake de Dark Water par le brésilien Walter Salles n’enthousiasmait pas grand monde tant ce film est considéré comme la réussite incontournable du cinéaste japonais. En effet, le film se débarrassait des tics un peu puérils qui encombraient ses précédents film pour livrer une œuvre épurée, elliptique, d’une phénoménale puissance de suggestion de la peur. Mais sa plus grande force résidait dans son étrange confusion générique où, derrière les apparences du simple film de fantômes, se dissimulait un mélo déchirant entre une mère et son enfant, faisant entrer Dark Water dans le panthéon des grands films d’épouvante, au même titre que La Maison du diable de Robert Wise.

Coupons court, Dark Water made in USA n’arrive pas à la cheville de l’original. Pire, la première demi-heure fait presque figure de “copier / coller” tant l’échelle de plans est d’une troublante similarité avec l’œuvre japonaise et la perspective de regarder un énième doublon inquiète. Mais, à l’instar de The Ring Two, Walter Salles choisit de privilégier le psychologique à la peur. La principale différence étant qu’il le fait avec suffisamment d’honnêteté et d’humilité. Ces deux notions sont essentielles pour apprécier un minimum ce dispensable remake. De ce fait, Dark Water respire la volonté de bien faire sans se fourvoyer que ce soit en tournant les extérieurs en décors réels, ou dans le sélection de l’immeuble à l’ambiance très particulière. Le scénariste Rafael Yglesias a, quant à lui, privilégié le développement des seconds rôles en les rendant plus mystérieux. Pour les incarner, le choix de casting se révèle irréprochable : John C. Reilly en agent immobilier roublard et obséquieux ou Tim Roth en avocat aussi professionnel que nonchalant, le professionnalisme est de rigueur.

Et puis il y a Jennifer Connelly, talentueuse actrice se faisant trop rare ces derniers temps. Si ce film a une raison d’être, c’est pour elle. Requiem for a Dream révélait au grand public son jeu instinctif, cette fois son interprétation viscérale de mère prête à tout sacrifier pour protéger son enfant fait des merveilles. Alors, ne boudons pas trop ce film, dépourvu d’authentiques frayeurs certes, que l’on recommandera à ceux n’ayant pas vu l’original. Dark Water est le parfait petit film de transition entre un morne mois d’Août et une rentrée nettement plus enthousiasmante.
J.F. 

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