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Be with me de Eric Khoo
Avec : Theresa Chan, Lawrence Yong, Lynn Poh, Seet Keng Yew, Chiew Sung Ching

Histoires sans paroles

Les hommes du vingt-et-unième siècle ne savent plus comment se parler. On ne étonnera donc pas si Be with me s’ouvre sur une page blanche posée sur une machine à écrire, symbole évident de notre incapacité à communiquer ce que nous ressentons.

Singapour aujourd’hui. Eric Khoo suit le parcours de quelques personnages solitaires, autant de variations autour des thèmes universels de l’amour, du destin et de l’espoir. Un vieil homme vit hanté par le souvenir de sa femme décédée il y a peu d’une longue maladie. Un agent de sécurité tente vainement d’écrire une lettre d’amour à une jeune femme cadre supérieure qui travaille dans le même immeuble que lui. Enfin, deux adolescentes font connaissance sur Internet et vivent une brève histoire d’amour jusqu’au jour ou l’une d’elle rencontre un garçon.

Tous ces personnages rêvent de vivre avec l’être aimé, bonheur qui leur est tout simplement refusé. Mais plutôt que de jouer la carte de la peinture dépressive de ces solitudes urbaines, Eric Khoo ordonne un film incroyable, ode à la vie d’une beauté sidérante de simplicité et de sincérité. Surtout le cinéaste compose un univers sonore d’une richesse inouïe. Ainsi, alors que le film commence avec une quinzaine de minutes quasi muettes, il a déjà charrié d’innombrables émotions. Eric Khoo utilise tout ce que la technologie peut offrir: papier, machine à écrire, cuisine, Internet, SMS, rêve… Chaque dispositif multiplie les lignes de fuite d’un récit qui garde néanmoins toute sa cohérence formelle avant de converger vers une nouvelle et bouleversante histoire.

Car Be with me n’est pas une simple fiction. C’est aussi la biographie surprenante d’un personnage réel et magnifique, Theresa Chan, la femme qui tape à la machine. Sourde et aveugle depuis l’âge de quinze ans, elle a trouvé la force de se battre, d’apprendre l’anglais, de faire des etudes pour ensuite voyager en Inde et aux Etats-Unis. Aujourd’hui, elle enseigne a des enfants aveugles, developpant son propre langage par le toucher. Malgré tous ses handicaps, sa vie renferme une richesse insoupçonnée qui nous invite à reconsiderer le reste du film sous un autre jour puisque l’amour existe vraiment et qye l'espoir n'est pas inutile. Petits effets, perspectives infinies. Sublime
J.H.D. 

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