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Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois
Avec : Xavier Beauvois, Nathalie Baye, Jalil Lespert, Roschdy Zem, Antoine Chappey

Des héros très discrets

A quoi pense le petit lieutenant ? Allongé sur son lit, il s’entraîne à recharger son arme rêvant d’une vie de terrain, de filatures, de planques, d’arrestations. Un jour, sa logeuse lui demande s’il a vu « de beaux crimes », alors qu’il ne lui répond pas, elle le réconforte d’un « ça viendra ». Car pour l’heure, Antoine, fraîchement débarqué de Normandie apprend les rouages du métier. Un braquage a été commis dans une pharmacie du quartier : il doit rester au poste et surveiller le téléphone.

Xavier Beauvois trace ainsi le parcours de ce jeune lieutenant au sein d’une équipe de la police judiciaire parisienne. Il a rejoint l’équipe du Commandant Vaudieu, confrontée à une série d’agressions violentes près des quais de Seine. Une enquête difficile. Les premiers éléments d’investigation conduisent les hommes de la PJ sur les traces de deux immigrés russes invisibles.

On est loin des braquages spectaculaires de 36 Quai des Orfèvres. Pourtant à sa manière, Le Petit Lieutenant confirme le retour en force du polar français. Dans un style proche du documentaire, Xavier Beauvois inscrit le quotidien de ces policiers dans un réalisme saisissant. Protocoles, enquêtes, dialogues, le film possède ainsi un sens du détail hallucinant même lorsqu’il évoque des sujets graves, le drame de Vaudieu ou les origines de Solo, ses difficultés à s’intégrer dans la police.

Si Olivier Marchal rendait un hommage appuyé à la police entant qu’institution, celui de Xavier Beauvois salue ces hommes et ces femmes noyés dans la foule et laissés seuls face à leur démons : racisme, alcool, solitude. Dès les premières minutes et la cérémonie de remise des diplômes, les nouvelles recrues sont filmées au loin : c’est seul que Antoine Derouelle rencontrera son destin, c’est enfin seule que le Commandant Vaudieu se promène sur une plage de Nice, la satisfaction du devoir accompli mais le regard empli d’une immense tristesse, celui de héros discrets au service d’un très grand film.
J.H.D. 

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