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Milwaukee, Minnesota de Allan Mindel
Avec : Troy Garity, Alison Folland, Bruce Dern, Randy Quaid

Albert Burroughs est un trentenaire un brin attardé vivant toujours avec Edna, sa maman ultra-protectrice à Milwaukee. Son aptitude hors du commun pour flairer le poisson lui a permis de gagner des concours de pêches en eaux glacées et d’amasser une petite fortune suscitant bien des convoitises. Jusqu’à présent Edna veillait jalousement au grain, mais lorsque cette dernière meurt percutée par une voiture en fuite, Albert devient une cible facile pour Tuey et Jerry, deux arnaqueurs, bien décidés à le plumer.

Milwaukee, Minnesota appartient à cette catégorie de films dont la visibilité des influences est telle qu’elles vous sautent à la figure dès les premières minutes. On pense à Fargo des frères Coen et Un plan simple de Sam Raimi pour le policier semi rural dans la neige ou encore à Red Rock West de John Dahl (excellents films d’une subtile noirceur au demeurant). Pour sa première réalisation, Allan Mindel souhaitait s’aventurer du côté de la fable contemporaine.

Pourtant rien ne se passe. L’adjectif le plus approprié pour décrire Milwaukee, Minnesota serait « mou » : mollesse d’une trame et d’une mise en scène ronronnantes exposant inéluctablement le caractère artificiel des personnages. L’indifférence est parfois pire que le mépris ou la haine et sur ce point, Milwaukee, Minnesota colle dangereusement à ce sentiment. Face aux mésaventures d’Albert, on reste de marbre, à se demander constamment où Allan Mindel veut en venir… à part filmer n’importe quoi dans l’espoir de trouver un angle d’attaque.

Le film ne se rattrape pas non plus par l’interprétation de son casting dont la vivacité s’apparente aux poissons morts que pêche Albert. Troy Garity dans le rôle du simple d’esprit ne se foule pas en reproduisant les tics obsessionnels et le regard de chien battu de Dustin Hoffman dans Rain Man. Et pourtant, son copier/coller se voit sensiblement relativisé par Allison Folland qui, non contente d’être aussi crédible en femme fatale du pauvre que Madonna en chanteuse à voix, réussit l’exploit de massacrer toutes ses répliques au point de faire sortir le spectateur de la fiction dès qu’elle ouvre la bouche ! Randy Quaid, quant à lui, semble prendre beaucoup de plaisir à jouer l’escroc fringué comme un mac coincé dans les années 70, qu’il ne fasse pas partager son enthousiasme est nettement plus problématique ! De ce marasme, seul Bruce Dern tire son épingle du jeu. Dans le rôle pas facile de Sean McNally, le patron d’Albert dans son échoppe, il apporte un supplément de dignité et d’authenticité avec son attitude hirsute et une fatigue trahissant une vie mal vécue. Sa prestation ne fait pas pour autant de Milwaukee, Minnesota un bon film, mais ses apparitions à l’écran distillent un ennui poli. C’est déjà ça.
J.F. 

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