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La Vérité nue de Atom Egoyan
Avec : Colin Firth, Kevin Bacon, Alison Lohman

L’Envers du décor

Hollywood. Depuis ses débuts, cette formidable machine à rêves alimente les rumeurs les plus folles. Dès les années 50 avec des films comme Eve ou Sunset Boulevard, des cinéastes montrent l’envers du décor, rivalités, stars déchues, drogue, mort. Tout a commencé dans les années 20 et la mort non élucidée d’une jeune actrice, Virginie Rapé, retrouvée inanimée dans une chambre d’hôtel de San Francisco accueillant une soirée du tout Hollywood.

Si La Vérité Nue ne repose que sur des éléments purement fictionnels, le film de Atom Egoyan semble s’inspirer de cette affaire. Lanny et Vince forment un des duos comiques les plus en vue des années 50. Leur carrière culmine en 1957 à l’occasion d’une émission de télé marathon. Ils animent pendant près de trois jours ce spectacle destiné à collecter des fonds pour des œuvres caritatives avant de s’envoler pour New-York. Mais sur place, ils découvrent dans leur suite le cadavre d’une jeune femme. Vingt ans après, cette énigme jamais élucidée passionne une journaliste, Karen O’Connor, bien décidée à percer le secret des deux comiques pour les besoins d’un livre. Son enquête l’amène à rencontrer les deux hommes qui se sont depuis séparés…

Tenant d’un cinéma plutôt cérébral et intimiste, Atom Egoyan surprend avec cette évocation de l’âge d’or hollywoodien. On y retrouve cependant des thèmes chers au cinéaste, voyeurisme, mensonge, mémoire. La Vérité Nue se distingue surtout par la maestria avec laquelle, Atom Egoyan conduit son récit passant d’une époque à l’autre, d’une récit à l’autre. Car chaque personnage livre sa propre version de cette fameuse nuit. Au passage, le cinéaste égratigne tout ce petit monde, montre ce quise cache derrière les paillettes, les relations troubles entre vedettes et la pègre, les désirs inassouvis, les rivalités exacerbées.

On pense à Jerry Lewis et Dean Martin mais aussi à Frank Sinatra, aux relations troubles du clan Kennedy avec Marilyn Monroe. Le cinéaste égrène les références, joue sur les genres, notamment le suspens à la Hitchcock en utilisant à bon escient la ressemblance entre les interprètes Rachel Blanchard et Alison Lohman. Ces vedettes exercent un pouvoir de fascination immense sur leurs fans. Ainsi commencent les petits arrangements avec la vérité jusqu’à la révélation finale surprenante.
J.H.D. 

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