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Pompoko de Isao Takahata
Avec : les voix de Makoto Nonomura, Yuriko Ishida, Akira Kamiya

Un monde qui disparaît

Qui sont les Tanukis ? Croisement improbable entre un chien et un raton laveur, ces animaux débonnaires appartiennent au folklore populaire japonais. Surtout, certains d’entre eux possèdent la faculté de changer d’apparence, incarnant divers objets ou animaux, voire des hommes pour les plus doués.

Ces personnages de cinéma rêvés peuplent le chef d’œuvre de Isao Takahata (Le Tombeau des Lucioles, Mes Voisins les Yamada…), figure emblématique des studios Ghibli au même titre que Hayao Miyazaki. Ils vivent paresseusement sur d’immenses collines boisées des alentours de Tokyo mais leur tranquillité est troublée par l’expansion de la ville. Alors que leur habitat se réduit de jour en jour, ils décident d’organiser la résistance pour arrêter les pelleteuses.

On retrouve évidemment tout le versant écologique si cher aux studios Ghibli et présent dans deux nombreux films de Nausicaa à Princesse Mononoke. Mais Isao Takahata va plus loin et la fable écologique bascule dans un récit plus émouvant de la perte d’identité. Le cinéaste qui ne dessine pas ses propres personnages, utilise la communauté des Tanukis comme allégorie de la société japonaise soumise à l’occupation occidentale au sortir de la seconde guerre mondiale. Les Tanukis, à l’instar des japonais doivent s’adapter et accepter de nouveaux modes de vie, époque marquée par l’ascension fulgurante de l’économie nippone.

Plus largement, le film affiche avec dix ans d’avance – il date de 1994 – une vision cruelle de la Mondialisation perçue comme un espace normatif qui en abattant les frontières entre les hommes, dilue les spécificités de chaque culture. A quoi bon résister s’interrogent les Tanukis ? La violence et même un défilé d’esprits fantastiques ne changeront pas la donne : les Tanukis sont condamnés à embrasser le mode de vie des éternels salary men du cinéma japonais à l’image de cet homme au regard triste mais vif dans lequel brille encore une étincelle. Nous sommes tous des Tanukis.
J.H.D. 

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