sommaire cinéma
@ chroniques de films
articles

Inscrivez-vous à la newsletter PurJus

chroniques cinéma


Odete de Joao Pedro Rodrigues
Avec : Ana Cristina de Oliveira, Nuno Gil, Joao Carreira, Carloto Cotta

Obsessions

Un couple s’embrasse passionnément au beau milieu d’une rue quand soudain la caméra se redéploie dans la nuit, laissant apparaître deux visages masculins. Rui et Pedro se quittent sans savoir qu’il s’agit de leur dernier baiser. Car Pedro meurt cinq minutes plus tard, foudroyé dans un accident de voiture. Pour Rui, commence un long et douloureux deuil.

Lors de la veillée funèbre, apparaît Odete, une voisine de Pedro. Vendeuse sur patins dans un supermarché des environs, la jeune femme vient juste de plaquer son copain, un agent de sécurité qui refusait de lui faire un enfant. Elle suit au plus près les cérémonies d’enterrement car affirme-t-elle, elle porte l’enfant du jeune homme décédé.

Joao Pedro Rodrigues met en scène un étrange triangle amoureux. Si les deuils finissent par se rejoindre, ils illustrent chacun une manière d’envisager la perte de l’être aimé, cérébrale pour Odete, mélodramatique pour Rui. Le jeune homme ne parvient pas à surmonter la mort de son amant. Il sombre petit à petit dans une dépression, allant même jusqu’à tenter vainement de se suicider malgré le réconfort de ses amis. Larguée par son ex, Odete cherche à briser sa solitude d’où son attachement à Pedro, même mort, d’où son désir de porter son enfant. Le cimetière illustre clairement cette différence d’approche. Dans une logique d’oubli, Rui évite ce lieu au contraire de Odete qui ira même jusqu’à y élire domicile.

Après le troublant O Fantasma, Joao Pedro Rodrigues confirme son goût pour l’étrange et les obsessions de personnages névrosés. Moins nocturne que son premier film, Odete ordonne un univers extrêmement coloré du rose de la chambre de l’héroïne aux fleurs rouges et jaune vifs déposées sur la tombe de Pedro. Surtout, Joao Pedro Rodrigues se réfère sans cesse aux mélodrames de Douglas Sirk même si c’est le Breakfeast at Tiffany’s dont on aperçoit quelques images, qui fournit la référence la plus explicite avec la bague des deux amants. Proche dans ses excès de Pedro Almodovar, Joao Pedro Rodrigues offre avec Odete un mélo flamboyant d’une naïveté désarmante.
J.H.D. 

< autres chroniques



Copyright 2000-2017 PurJus.net - <redac [AT] purjus [POINT] net> [*]
([*] veuillez supprimer les espaces pour former l'adresse mail réelle, merci -
ceci est fait pour lutter contre les collecteurs automatiques d'emails -
anti-spam)