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Un Couple parfait de Nobuhiro Suwa
Avec : Valeria Bruni-Tedeschi, Bruno Todeschini, Nathalie Boutefeu, Joana Preiss

Accords et désaccords

Marie et Nicolas ont quitté Paris il y a bien longtemps. Ils reviennent dans la capitale le temps de quelques jours, pour assister au mariage d’un ami mais aussi pour faire le point sur leur couple fatigué. Calés dans le confort d’une existence bourgeoise, ils n’ont pas encore réalisé qu’ils ne s’aimaient plus. Lucide, Nicolas fait le premier pas. Au cours d’un dîner, il annonce aux amis du couple leur prochaine séparation à la grande surprise de Marie.

Pas de scène de ménage grandiloquente cependant, Nobuhiro Suwa se pose plutôt en héritier d’un cinéma résolument moderne dans sa mise en scène et ses problématiques. Dans 2046, Wong Kar-Wai traitait les mêmes obsessions avec pour seuls décors une chambre d’hôtel ou la cabine d’un train. Ce minimaliste s’accorde parfaitement à l’ambition de Nobuhiro Suwa. Exilé à Paris, il tourne dans une langue qu’il ne parle pas, assisté de Caroline Champetier. Il laisse ainsi une grande autonomie à ses acteurs. Leurs improvisations accentuent le réalisme de ce film mélancolique, où chaque protagoniste s’excuse presque de sa présence. Le film dit pourtant des choses précieuses à ceux qui veulent bien se donner la peine de l’écouter : la longue usure du couple, la séparation impossible et exténuante, le souvenir d’un bonheur désormais évanoui.

Mais le meilleur reste encore à venir. Dans Son précédent film, H Strory, Nobuhiro Suwa réunissait une équipe de tournage pour réaliser un remake de Hiroshima mon amour de Resnais. Dans ce film expérience singulier, le cinéaste affirmait déjà son attirance pour le cinéma européen, en particulier, la Nouvelle Vague. Un Couple parfait poursuit cette expérience en convoquant au passage Antonioni ou Jean-Louis Godard. Ainsi, la mise en scène repose essentiellement sur quelques couples, cinéma occidental/cinéma japonais, image/son, jour/nuit, regard du cinéaste/acteurs, autant d’associations qui rendent ce beau film de rupture déchirant.
J.H.D. 

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