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Renaissance de Christian Volckman
Avec : Patrick Floersheim, Laura Blanc, Virginie Mery, Gabriel Ledoze

Ombres et lumières

Paris 2054. Ilona Tasuiev, une jeune et brillante scientifique disparaît mystérieusement. Elle travaillait dans les laboratoires d’une puissante multinationale Avalon. Son patron Dellenbach charge Karas, un policier aux méthodes controversées de retrouver la jeune femme. Epaulé par Bislane, la sœur d’Ilona, il commence ses recherches et s’aperçoit rapidement qu’il n’est pas le seul à rechercher la scientifique qui apparaît de plus en plus comme le pivot d’un protocole révolutionnaire plus connu sous le nom de projet Renaissance…

Réconcilier film de genre et film d’animation dans le paysage cinématographique français, tel est le pari fou relevé par Christian Volckman et le studio Attitude. Alors que l’hexagone attend toujours le film susceptible de rivaliser avec le savoir faire des studios américains, Renaissance arrive à point nommer pour faire oublier les déconvenues suscitées par Corto Maltese ou Kaena.

La grande force du film tient dans sa cohérence formelle, des décors aux personnages, en passant par le découpage des scènes. Christian Volckman et son équipe s’appuient en effet sur de multiples références au film noir. Renaissance évoque ainsi à plusieurs reprises le Sin City de Frank Miller ou la bande dessinée 100 Bullets pour son ambiance, l’usage d’un noir et blanc extrêmement stylisé jusque dans les rictus de certains personnages.

La comparaison s’arrête là tant le Renaissance se distingue surtout par son graphisme aussi risqué que singulier. Visuellement, le film n’offre pratiquement aucune nuance de gris mais il compense ce handicap par l’usage parfaitement maîtrisé de la motion capture accentuant les traits des personnages et leurs émotions. Il en résulte une atmosphère très réaliste, impression renforcée par des décors de toute beauté.

De Metroppolis à Dark City, le cinéma fantastique a toujours su exploiter l’architecture urbaine. Ici, chaque quartier de ce Paris futuriste caractérise les personnages tout en apportant au film sa singularité. C’est encore plus vrai des emblèmes des marques discrètes en particulier celles des constructeurs automobiles. Quelques symboles simples, ondes, losanges, chevrons suffisent à imposer un univers typiquement français sans tomber dans la caricature et en s’appuyant sur une intrigue crédible à défaut d’originalité. Nous ne sommes pas à New York, Los Angeles ou Londres mais bel et bien à Paris, un Paris futuriste certes mais aisément reconnaissable, un Paris sombre, véritable personnage à part entière de ce film lumineux.
J.H.D. 

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