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A bittersweet life de Kim Jee-Woon
Avec : Byung-hun Lee, Shin Min-a, Kim Young-Cheol, Lee Ki-Young

Regarde les hommes tomber

Un vieux sage et son disciple observaient un jour un arbre quant l’élève interrogea son maître : est ce les feuilles ou le vent qui bouge ? C’est ton cœur lui répondit simplement le vieil homme. Cet arbre trône désormais au dernier étage d’un grand hôtel de Séoul dirigé par Sun Woo, bras droit et homme à tout faire de Kang, un chef mafieux dont l’empire est menacé par de nouveaux arrivants emmenés par le terrible Baek.

Mais Kang a d’autres soucis en tête, préoccupé par sa jeune maîtresse Hee Su. Il charge Sun Woo de surveiller l’étudiante, quitte à lui régler son compte au cas où il découvrirait qu’elle avait un amant. Les filatures de Sun Woo confirment malheureusement les soupçons du chef de gang mais contre toute attente, le bras droit épargne la jeune femme infidèle, un accès de faiblesse qu’il va payer très cher…

Qu’est ce qui peut expliquer le geste de Sun Woo ? Si la question hante littéralement son patron Kang, la légende du sage et de son disciple fournit un début de réponse. Au contact de Hee Su, Sun Woo réalise à quel point sa vie de violence régie par la loi du plus fort conduit à une impasse. L’empire de Kang vacille et son lieutenant Moo-Sung, incapable notoire ne peut rien faire pour retarder l’échéance. Au contraire, il cherche même à s’allier avec leurs nouveaux adversaires. Ecarté, Sun Woo est finalement punipour avoir désobéi aux ordres. Symboliquement enterré vivant, le personnage revient se venger de ses bourreaux, tenants d’un ordre galvaudé auquel il ne croit plus.

Décevant avec 2 Sœurs, variation peu originale autour du Ring de Nakata, Kim Jee-Woon signe un polar flamboyant et extrêmement stylisé des costumes des truands à la poussière qui tombe sur les grosses cylindrées. Le cinéaste s’inspire surtout de Old Boy dont il reprend en mieux certaines séquences centrales comme la bagarre générale dans un entrepôt désaffecté et la fusillade finale au dernier étage du palace. Kim Jee-Woon ne cherche pas l’outrance mais à l’évidence une certaine efficacité renforcée par la sécheresse de la mise en scène.

Car ici la violence est rarement gratuite. Elle traduit surtout les codes impitoyables de la pègre locale. La trahison pour un motif presque futile entraîne la violence qui entraîne la vengeance à l’image de la chorégraphie finale où le héros affronte les hommes de main de Baek emmené par l’homme au bob, scène d’une violence quasiment viscérale mais absolument inutile. Sun Woo rêvait d’une vie meilleure, il entend un air de violoncelle qui désarmant son âme, lui rappelle un sourire qui aurait pu enfin lui permettre de devenir quelqu’un. Si les américains ont peut être inventé le film noir, A Bittersweet Life prouve que les coréens sont en passe réinventer le genre. Magistral.
J.H.D. 

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