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chroniques littéraires

Au piano de Jean Echenoz, Les Editions de Minuit
 
Après la vie

Max Delmarc n’est pas un personnage romanesque ordinaire. Les premières lignes du dernier roman de Jean Echenoz annoncent en effet sa mort imminente. Le lecteur suit donc avec curiosité les derniers jours de ce pianiste virtuose torturé par le tract. Non sans humour, l’auteur de Je m’en vais décrit le parcours de cet artiste atypique, ses relations difficiles avec les femmes (son histoire manquée avec Rose) et l’alcool, précieux remède contre son anxiété.

Puis vient la mort, violente et inexpliquée. Elle constitue l’occasion de jouer avec les conventions du roman, la possibilité de manipuler l’espace et le temps. Max Delmarc se réveille ainsi dans un mystérieux centre de transit, sorte de purgatoire fantaisiste où le personnel rappelle étrangement Doris Day ou Dean Martin. L’écriture se révèle alors le miroir de certains fantasmes de l’auteur, celui d’une vie après la mort et d’autres encore plus drôles et inavouables…

Max Delmarc revient finalement sur terre dans ce que l’inquiétant Bélairad appelle la section urbaine, allégorie de l’enfer où le pianiste doit errer comme une âme en peine jusqu’à retrouver de nouveau ceux qui lui sont chers, point d’orgue d’une œuvre originale et élégante, une partition à l’ironie vertigineuse et mordante et dont les dernières notes cruelles résonnent comme un sourire.

Les Editions de Minuit, 223 pages, 14.50 euros

J.H.D. 

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