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On en est là de Jack-Alain Léger, Denoël
 
Ce livre dit une indignation, la révolte d’un homme désabusé. Ecrit au lendemain de la présidentielle de 2002, ce livre dénonce la médiocrité d’une société rongée par l’inculture, à commencer par sa jeunesse « acculturée », ces jeunes désintégrés à force de vouloir se conformer au modèle économique dominant, « en parfaite adéquation au projet de transformation intégrale de l’humain en marchandise ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit, la transformation progressive d’une société de citoyens en consommateurs, résumée par cette cinglante réplique, « Chirac est mon produit d’appel »

La rage au ventre, Jack Alain Léger fustige les élites, responsables à ses yeux d’accompagner ce processus de destruction. Il se pose en défenseur de la langue française face à ceux qui ont « renoncé à s’exprimer en personnes éduquées possédant un vocabulaire significatif et une syntaxe ». Pourtant, il n’hésite pas à couvrir d’insultes ses adversaires et c’est bien là le problème. Ce livre, à sa manière fait parti intégrante du système qu’il entend dénoncer. Il repose sur un paradoxe quasi insurmontable, car il s’en prend à ce qu’il aimerait défendre comme les institutions de la République. On ne peut s’afficher comme leur champion et dans le même temps dénigrer à ce point ses représentants - à commencer par le président - sans prendre la posture d’un démagogue. Ce singulier roman ne manque pas de style, mais le coup de gueule passé, reste un cri étouffé par le cirque médiatique ambiant.

Editions Denoël, 283 pages, 18 euros


J.H.D. 

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