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Les Noces barbares de Yann Queffélec, Gallimard (Folio)
 
Le deuxième roman de Yann Queffélec porte trop bien son nom. Nicole a treize ans et sa beauté sensuelle la condamne déjà. Le rendez-vous naïvement amoureux qu’elle avait avec un soldat américain, Will, se transforme en viol collectif épouvantable de barbarie. Nicole tombe alors enceinte, et dans l’esprit étroit de ses parents, commerçants provinciaux, c’est de sa faute. Ses efforts pour perdre le « fruit du péché » échouent à la naissance de Ludovic.

Le calvaire devient aussi celui de Ludo. L’enfant échappe à plusieurs tentatives d’assassinat, et puis, pour « ne pas rajouter le meurtre au viol », on l’enferme dans un cagibi. La vie de Ludo, qu’on appelle le « simplet » est un cauchemar : on l’habille avec des vieilles robes de sa mère, on ne le soigne pas quand il est malade, on lui donne à peine à manger. Un beau jour, Micho, brave et riche mécanicien, épouse Nicole, qui l’accepte car elle n’a d’autre choix pour s’évader de chez ses parents. Micho protège Ludo du mieux qu’il le peut, or, ce que veut celui-ci plus que tout, c’est l’amour de sa mère qu’il idolâtre.

Cet amour ne vient pas, alors Ludo s’enfonce dans des comportements auto-destructeurs et dans des crises de panique d’une extrême violence. Ne sachant plus quoi faire, Micho cède au désir de Nicole et place l’enfant à Saint-Paul, un asile pour débiles légers. Le soir de Noël, Ludo s’enfuit, erre, s’installe dans un bateau échoué, sans jamais oublier le visage de sa mère, à qui il a toujours écrit, sans relâche, mais aussi sans réponse.
Et puis, un beau jour, elle vient à sa rencontre.

Les noces barbares a obtenu le Prix Goncourt 1985.
C’est normal, car le roman est magnifiquement bien écrit.
C’est normal, car le style paradoxal de Queffélec, fait de légèreté et de réalisme insoutenable, est hypnotisant.
C’est normal, car la violence pleine que le lecteur subit tout au long de ces pages reste ancrée en lui, mais pas inutilement : elle rend compte de l’importance de l’amour, sous toutes ses formes.
C’est normal car Les noces barbares est un roman qui est fort, par ses personnages, tous terriblement attachants, et finement animés par un Queffélec sensitif à l’extrême.
C’est normal car ces noces barbares sont inoubliables.

Editions Gallimard (Folio), 244 pages, 5.50 euros.


S.L. 

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