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Mammifères de Pierre Mérot, Flammarion
 
« Chaque famille classique se doit d’avoir un raté : une famille n’est pas vraiment une famille, car il lui manque un principe qui la conteste et lui donne sa légitimité ». Ainsi pour cette famille bourgeoise, ce sera l’Oncle, double littéraire du romancier, un quadragénaire désabusé, un brin dépressif et surtout alcoolique notoire.

Avec ce récit étrange, sorte d’auto-fiction placé sous le signe du zinc des bars, Pierre Mérot se construit un univers original à travers lequel, il parle de lui même mais avant tout de nous. Jouant avec un subtile effet de narration, il imprime une certaine distance au récit, limite les dialogues pour se concentrer sur le long monologue de son anti-héros passablement éméché.

Les bars tiennent en effet une place primordiale dans Mammifères. L’Oncle y dépense une bonne partie de ses économie pour oublier la médiocrité ambiante. Il s’agit aussi de lieux de rencontres où se rassemblent une galerie imparable d’écorchés vifs pour discuter de la vie, des femmes et de l’alcool.

Souvent comparé à Michel Houellebecq, Pierre Mérot se révèle en tout cas bien plus littéraire mais malheureusement nettement moins provocateur. Mammifères semble en effet hésiter entre la satyre sociale au vitriol, et l’exercice de style autobiographique sans réel autre horizon que le petit univers personnel de l’auteur. Le livre donne ainsi l’impression de tituber et de tourner en rond. Heureusement pour notre plus grand plaisir, il distille de belles envolées lyriques et enivrantes. Une cuite que l’on peut difficilement refuser.

J.H.D. 

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