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Ecstasy de Irvine Welsh, Seuil (Points)
 
Ecstasy : trois nouvelles. La première est cocasse, quelque peu glauque, savoureuse. La deuxième, violente, est seulement traumatisante. La troisième, une histoire d’amour, est dynamisante d’optimisme.

La question n’est pas de connaître le synopsis des nouvelles, qui en souffriraient certainement. La question est de savoir pourquoi Irvine Welsh écrit. D’accord, Trainspotting, on savait que c’était pour décrire un univers que personne, à part ses usagers, ne connaissait et comprenait. Cela donnait un livre génial. Maintenant, Ecstasy n’est pas génial. Pourtant, on n’en conclut pas que Welsh ne saura jamais faire mieux que Trainspotting, (même si c’est malheureusement possible). Ecstasy est un bon livre. Le style est relevé, la structure intelligente, le ton original, la trame souvent passionnante.

Ecstasy a un petit truc en plus : c’est que contrairement à Trainspotting, la drogue n’est pas diabolisée. Sous une forme rigolote, le fond était sévère. L’héroïne, ça ne donnait pas envie. Or, ici l’ecstasy donne envie. Là est la vraie question, le vrai nœud du livre.

Les différents personnages des trois nouvelles prennent de l’ecstasy. En règle générale, ça leur fait du bien. Evidemment, il ne faut pas en prendre tous les jours, la descente est tellement difficile, etc. Welsh tente péniblement d’être démagogue. Mais il n’est en fait que pédagogue de ces petites pilules. Car elles apportent de l’amour, elles. Parce que plus personne ne s’aime vraiment, et que, même si c’est le cas, personne ne s’en rend compte.

L’ecstasy révèle le meilleur de nous-mêmes. C’est triste, finalement. La démagogie welshienne est basée sur un double discours. Et c’est ce qui est fascinant. « Je suis parti et je me suis un peu baladé en ville, à regarder ceux qui sortaient des boites, souriants, bras dessus dessous, défoncés a l’ecsta, ceux qui titubaient sur le trottoir, raides torchés, en gueulant des chansons, et tous les autres, camés, shootés à toutes les drogues possibles ». C’est ce que nous fait voir Irvine Welsh. Ça a définitivement du bon d’écouter Lou Reed…

Editions du Seuil (Points), 358 pages, 6.50 euros
S.L. 

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