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Clitomotrice de Sophie Jabès, Jean-Claude Lattès
 
Il y a des jours où l’on est fatigué, des jours où l’on se dit « tout fout le camp », des jours où l’on se dit « c’est pas possible de publier une daube pareille »… bref, des jours où l’on lit Clitomotrice de Sophie Jabès. Le titre, un peu dégoûtant, ne donne pas très envie. Au demeurant, elle a l’air très sympathique sur la photo. Mais avec toute la bonne volonté du monde, son roman ne l’est pas.

Le pitch : Clémentine est née avec un clitoris anormalement long (genre 1 mètre à l’âge adulte), et elle aura vite fait de comprendre qu’au lieu d’en complexer, elle devait s’en servir, en profiter. Ce qu’elle fait en se faisant payer pour l’exhiber, où l’on a droit à un passage vaguement incestueux complètement gratuit, ou encore en se proclamant « experte en clitomotricité ». Heureusement, après moult péripéties, elle rencontrera l’amour, le vrai, celui qui fait oublier un clitoris d’un mètre de long, malgré la mort de son cher et tendre papa (merci Freud). Ouf, c’est la fin.

Que dire de plus ? Que la quatrième de couverture nous ment et nous spolie de 13 euros (!!!!) en décrivant le roman comme « une ronde endiablée et poétique », écrite « sans complexe, avec humour et beaucoup de fantaisie ». Que Clitomotrice n’a pas d’autre intérêt que de tromper un ennui (mortel, vraiment) sur une plage déserte. Qu’on remercie Sophie Jabès de nous l’expliquer au cas où l’on ne l’aurait pas compris, mais que oui, effectivement, le clitoris, c’est aussi important que le phallus. Qu’on préfère lire un bon vieux Barbara Cartland plutôt que de subir encore des choses comme « Il y avait le monde, et cet homme en elle, Clémentine découvrait la vie ». C’est joli une histoire d’amour, on sait qu’il n’y a rien de plus bête que ça, que l’on dit tous les mêmes phrases débiles dans la vraie vie, mais il y a des limites en littérature. Une phrase comme « Pour transcender son émoi, à la vue de ce que d’habitude il avait peine à chercher dans la pénombre, il inventait des noms en nombre » les dépasse largement. D’autant plus que les « noms en nombre », comme « abricotier des îles », par exemple, malgré leur consonance fruitée ou fleurie, ne parviennent pas à être savoureux.

Définitivement, tout ce pseudo-symbolisme déployé ne suffit pas à rattraper une niaiserie qui passe en juillet, mais pas à la rentrée – encore moins littéraire.

Editions Jean-Claude Lattès, 158 pages, 13 euros
S.L. 

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