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Supplément au roman national de Jean-Eric Boulin, Stock
 
Le vieux pays de vos pères. Ses rues exhalent des sensations inconnues. Vous avez l'impression que ce ne sont plus les vôtres. La question de l'identité française se pose d'emblée dans le premier roman de Jean-Eric Boulin. Les émeutes de 2005 ont évidement révélé l'étendue du malaise, le divorce d'une partie de la jeunesse française d'origine immigrée avec des Institutions Républicaines dans lesquelles elle ne se reconnaît plus.

L'auteur suit ainsi le parcours de trois français qui pourrait être n'importe lequel d'entre nous, Kamel Barek, un jeune des cités qui épouse la voie de l'Islam radical, Yann Guillois, smicard sans avenir, paria de la société de consommation et enfin François Hollande, politicien avide de pouvoir à défaut de pouvoir changer la vie. Leurs destins se recoupent à l'occasion des élections présidentielles de 2007 marquées par une vague d'attentats sans précédent suivie d'un déferlement de violence populaire, Noirs, Arabes et Blancs réunis dans la même impuissance...

D'une certaine manière, la sortie d'un tel livre s'imposait à côté de romans d’auteurs qui parlent des problèmes de ceux qui n'ont pas de problème mais le résultat reste étonnement confus. Alors que l'auteur déplore la sous représentation de la population immigrée dans le paysage français, il ne rate jamais une occasion d’afficher une vision de l'Islam revanchard à coups de métaphores sexuelles ou guerrières dans une sorte de version appauvrie et sans humour de l’œuvre de Houellebecq.

De même, si la dénonciation d'une certaine pornographie sociale incarnée par les émissions lamentables de Thierry Ardison est salutaire, elle ne peut pas justifier la glorification d'un criminel comme Richard Durn. On peut aussi discuter la conclusion du livre et l'ascension d'un candidat issue du parti socialiste alors que la question du front national n'est même pas soulevée. Il faudrait toutefois faire preuve d'une réelle mauvaise foi pour condamner un livre qui énonce quelques vérités douloureuse sur l'air du temps, cette France devenue un Caddie plein alors que le besoin d'identité fait mourir de faim. Reste qu'un tel sujet méritait mieux que cet assemblage de slogans publicitaires.

Editions Stock, 155 pages, 15 euros
J.H.D. 

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