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Le Pays des Ténèbres de Stewart O'Nan, Editions de l'Olivier
 

Quelques instants d’inconscience, un banal accident de la route et tout s’écroule. A l’issue de la fête de Halloween, la voiture de cinq adolescents finit sa course contre un arbre : 3 morts, 2 blessés et de multiples séquelles. Diminué physiquement, Kyle a perdu la mémoire et n’a plus toute sa tête, le cerveau d’un enfant dans un corps d’adulte. Quand à Tim miraculeusement indemne, il vit avec le souvenir de ses amis disparus, écrasé par le poids de la culpabilité d’être le seul survivant du groupe.

Rock’n roll, cinéma d’horreur, littérature fantastique, Stewart O’Nan convoque une multitude de références pour ce nouveau roman partiellement réussi. Si l’auteur se place délibérément dans la lignée de Stephen King, il peine à donner vie à l’American Way of Life, la vie de ces américains moyens à moitié vivants, voire à moitié morts, entre petits boulots et précarité grandissante. Le système de narration où les trois adolescents morts interviennent librement brouille un récit parfois inaudible notamment dans la première partie du livre.

C’est par les personnages secondaires que l’on rentre finalement dans l’histoire, notamment la mère de Kyle ou l’agent Brooks qui n’est pas sans rappeler la figure du shérif Hansen du fabuleux Un mal qui répand la terreur. Le personnage partage la même culpabilité, un affront que seule la mort peut laver, la guerre de Sécession laissant sa place à un banal accident de la circulation.

A mesure que le récit progresse, Stewart O’Nan retrouve son efficacité, sa sécheresse de ton si particulière. Cette Amérique rêve d’un monde meilleur qui se dérobe à ses yeux. Et le lecteur de se rappeler de cette conclusion livrée par le héros de Zombie de Georges A. Romero : on est tous des zombies et ça nous tue.

Editions de l'Olivier, 329 pages, 20 €

J.H.D. 

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