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chroniques littéraires

Roman Nègre de Dan Frank, Grasset
 

Taro écrit des livres que d’autres signent de leur nom. Mémoires, entretiens, corrections de manuscrits, le nègre consacre ses journées à l’écriture des livres des autres. Il parvient néanmoins à trouver quelques heures la nuit pour la rédaction d’un roman où il raconte l’histoire d’un médecin enlevé sous ses yeux à Beyrouth, un épisode bref et lacunaire mais qui a marqué à jamais sa vie…

Le motif du nègre littéraire aurait pu servir à une mise en abyme vertigineuse de l’écrivain et de ses multiples facettes mais Roman Nègre ne démarque que trop rarement d’une certaine facilité. L’écriture laborieuse de Dan Frank se perd en pseudonymes et digressions inutiles : le livre illustre surtout une époque marchande où n’importe qui peut se prétendre écrivain et livrer ses mémoires avec la complicité d’écrivains réduits à l’anonymat. Dan Frank illustre son propos avec le cas d’un célèbre footballeur français connu pour ses coups de têtes. Les amateurs de foot apprécieront peut être, les autre un peu moins.

Le livre ne devient intéressant que lorsque Dan Frank évoque le destin tragique de Gad, ce médecin juif qui hante Taro, spectateur impuissant de son enlèvement. L’auteur nous fait ressentir au plus juste la solitude, l’effroi de cet homme qui attend patiemment la mort tout en songeant à sa femme et ses enfants. Mais Dan Frank s’égare en essayant de donner sa vision de la libération des otages français du Liban en complet décalage avec la comédie du nègre. La fin poussive ne fait que confirmer cette impression : Roman nègre est un livre bâclé.

Editions Grasset, 310 pages, 18.90 euros
J.H.D. 

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