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Preacher: Gone to Texas de Garth Ennis et Steve Dillon, Vertigo
 

Sans foi ni loi

A priori rien ne distingue le révérend Jesse Custer des autres ecclésiastiques du Texas. Sauf que l’homme d’Eglise cache un terrible secret… il ne croit plus en Dieu ! Crimes impunis, vols, médisances en tout genre, le révérend a progressivement perdu la foi au contact des paroissiens de la petite ville d’Anville. Un évènement remet pourtant tout en cause. Pendant la messe du dimanche, une mystérieuse entité bientôt nommée Genesis foudroie Jesse Custer et ses fidèles. Seul survivant, le révérend redécouvre l’essence divine : il prêche littéralement la parole divine et peut dès lors se faire obéir de quiconque entend ses paroles. Ce don lui sera fort utile pour l’aider à retrouver Dieu alors qu’un mystérieux tueur envoyé par le Ciel se lance à ses trousses dans le but de retrouver Genesis…

Avec Preacher, Garth Ennis et Steve Dillon signent une véritable bombe. La série se moque outrageusement de l’American Way of Life et affiche un mauvais esprit particulièrement réjouissant en évitant d’être simplement bête et méchant. Dans un pays extrêmement croyant, il fallait oser un personnage de prêtre perdant la foi. Quand on voit les compatriotes de Jesse Custer, on peut comprendre les doutes de l’homme d’Eglise. Garth Ennis et Steve Dillon se montrent en effet sans pitié pour leurs concitoyens souvent dépeints comme sexistes, racistes, brutaux et sans morale. A ce petit jeu de massacre, Jesse trouve néanmoins un ami en la personne de Cassidy, un vampire irlandais porté sur la boisson mais qui ne se refuse pas de temps en temps un petit verre de sang ! Du Saint of Killers à Arseface (littéralement tête de cul !), en passant par l’inspecteur de police le plus malchanceux du monde, les auteurs composent en effet la galerie de personnages la plus déjantée proposée par un comic book.

Le dessin de Steve Dillon accentue le délire en privilégiant les gros plans. Mais le plus original reste toutefois la structure du récit, ce portait d’un Paradis sans foi ni loi noyé dans une intrigue vaguement policière. Les auteurs s’inspirent également du western dont Ennis reprend certains motifs (shérif, hors la loi, Eglise…) et Dillon les couleurs ocre. Garth Ennis et Steve Dillon ont en effet trouvé au cœur de l’Amérique profonde la matière de cette odyssée délirante où culmine l’esprit frondeur et génialement irrévérencieux de Vertigo.

Vertigo, 200 pages, 15 dollars

J.H.D. 

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