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Human Target de Peter Milligan et Javier Pulido, Vertigo
 

L’Homme sans visage

Le tout Hollywood est en émoi : un dangereux maniaque harcèle certaines vedettes et leur ordonne de payer une importante somme d’argent. Ses deux premières cibles essaient sans succès de se soustraire à la rançon : elles sont immédiatement assassinées. La troisième, un vieil acteur à la carrière déclinante n’entend rien payer et engage Christopher Chance pour le protéger. Ce garde du corps de luxe travaille dans l’ombre et utilise au mieux un don qui lui permet d’incarner physiquement mais surtout mentalement n’importe quel individu. Le voilà ainsi lancé dans le grand bain hollywoodien, un monde d’acteurs et de faux semblants qui lui réserve bien des surprises...

Personnage exploité par DC Comics, Christopher Chance alias The Human Target, connaît une seconde jeunesse chez Vertigo. Si l’homme n’a pas perdu ses fabuleux talents d’acteurs passant d’un corps à l’autre avec une facilité déconcertante, la série insiste désormais sur ses états d’âmes et la fatigue morale d’un homme qui perd progressivement son identité. A Hollywood, Christopher Chance côtoie des acteurs, autant de personnalités difficiles à appréhender, à cerner. Ainsi, l’inspecteur Rodriguez mène l’enquête sur les meurtres tout en sachant qu’une reconversion l’attend prochainement sur le petit écran.

Christopher Chance se retrouve rapidement mêlé à une autre affaire, l’enlèvement du fils d’un célèbre producteur. L’enquête piétine, les parents se tournent vers le maître du déguisement. Ils soupçonnent en effet l’homme qui menaçait les stars d’avoir organisé l’enlèvement de leur fils, une théorie que Christopher Chance persuadé d’avoir tué cet homme ne prend guère au sérieux. Dans la peau du criminel, un homme supposé mort, il mène une enquête qui l’emmène au plus près de la folie quand les meurtres reprennent !

Le héros de Peter Mulligan doute de lui-même, ne sait plus qui il est. Final Cut pousse ainsi très loin le jeu de miroirs voire la paranoïa de son héros, secouant dans les sens ce qui reste de son identité. Peter Milligan dresse une critique cinglante mais pertinente d’Hollywood et de ses mirages même si le dessin de Javier Pullido ne suit pas toujours, une faiblesse corrigée par la suite dans la superbe série parue à partir de l’automne 2003. Partant de l’épilogue de Final Cut, Peter Mulligan et Javier Pullido construisent une œuvre remarquable en développant toutes les possibilités offertes par un personnage en fuite perpétuelle alors qu’il n’aspire qu’à une certaine tranquilité. Plus qu’une interrogation sur la personnalité de Christopher Chance, la série revisite l’Amérique et ses mythes. Le producteur de cinéma, le comptable véreux, le joueur de baseball, le prêtre ou encore l’ex terroriste membre des Weather Men symbolisent chacun une facette de l’Amérique contemporaine qui trouve avec Christopher Chance son incarnation la plus brillante.

Edité par Vertigo:
- Final Cut, 96 pages, 20 dollars
- Human Target, épisodes 1-10, 2.95 dollars

J.H.D. 

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