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Pourquoi êtes-vous pauvres ? de William-T Vollmann, Actes Sud
 

Pendant de nombreuses années, William-T Vollmann a parcouru la planète à la rencontre de ses habitants les plus pauvres, enregistrant une multitude de témoignages bouleversants à l’ère de la mondialisation économique. A mesure que les distances rétrécissent et que les frontières disparaissent, ces hommes et ces femmes surgissent dans le champ de vision d’un Occident dans qui les a ignorés pendant de nombreuses années.

L’essai de William-T Vollmann rend tout d’abord compte de cette nouvelle proximité. Malgré les différences culturelles, les pauvres du livre ainsi que leurs problèmes matériels nous semblent relativement familiers, peut être parce que depuis une dizaine d’années, la pauvreté explose en Occident. William T Vollmann recueille ainsi les confidences de ces hommes et femmes brisés, leurs angoisses, leurs espoirs. Chacun raconte un peu de sa vie, essaie de donner une explication à sa condition (les riches, le destin…). D’autre réfutent leur pauvreté, relativement satisfaits de leur situation dans la mesure où il y a toujours plus à plaindre. D’où une certaine difficulté à prendre la mesure d’un problème complexe. In fine par la parole et l’échange, l’auteur rend à ces hommes leur dignité.

En filigrane, le livre dessine une cartographie de la pauvreté et de ses cercles infernaux, invisibilité, difformité, douleur, aliénation, indifférence, autant d’obstacles quasi impossibles à surmonter. Si l’utilisation des photographies donne un écho supplémentaire à ces situations de misère, le style ampoulé de William-T Vollmann dessert lourdement le sujet traité. En multipliant les digressions inutiles, l’auteur court-circuite les témoignages sans parler de certaines contradictions: l’auteur évoque le triste sort des femmes afghanes réduites à la misère par les talibans mais affirme respecter leur culture. Le rapport aux personnes interrogées reste finalement assez ambigu, notamment parce que l’auteur leur donne de l’argent. Les derniers chapitres où il raconte sa propre expérience de propriétaire confronté à des squatters n’arrangent rien : William-T Vollmann nous laisse finalement la désagréable impression de n’avoir écrit cet essai que pour s’acheter une bonne conscience.

Editions Actes Sud, 420 pages, 25 euros
J.H.D. 

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