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chroniques littéraires

Ourania de Jean-Marie Gustave Le Clezio, Gallimard (Folio)
 

Dernières utopies

Enfant, Daniel a connu la guerre, le rationnement, l’enfermement mais surtout la disparition de son père, mort au front. Devenu géographe, il parcourt un monde sans frontières qu’il délimite avec ses relevés pédologiques. Il débarque ainsi dans le centre du Mexique pour étudier la vallée du fleuve Tepalcatepec mais son attention se porte ailleurs, d’abord sur l’Emporio, une université progressiste puis sur Campos, une cité idéale évoquée par Raphael, un jeune homme rencontré par hasard au cours de son périple…

Poésie et géographie sont ici intimement liées. Au cœur d’un Mexique métissé où les descendants des indiens côtoient les descendants des immigrés espagnols, le géographe découvre une autre manière de partager ses connaissances. L’Emporio reçoit en effet les habitants de la vallée, paysans, ouvriers, gens du peuple pour les faire accéder à la culture. Mais une autre utopie embrase l’esprit du géographe, celle de Campos, la cité idéale fondée par Anthony Marin alias Jadi, la promesse d’un lieu où chacun pourrait être soi même. Au fil des récits de Raphael, se déploie une communauté sans artifices, généreuse et égalitaire que JMG Le Clezio désigne affectueusement le peuple arc en ciel.

Mais le rêve humaniste d’Anthony Martin ne survit pas à la folie des hommes. Les propriétaires terriens et les industriels de la vallée organisent la reprise en main de l’Emporio et l’expulsion des disciples de Jadi. L’exotisme du roman et l'évocation du long exil du peuple arc en ciel n’occultent pas la misère de ces contrées, les expropriations des paysans ou le dénuement des prostituées des quartiers défavorisés. Mais au bout de l’aventure, brille le souvenir de Campos, la perspective pour le lecteur d’avoir été témoin de la mise en pratique du rêve humaniste de Thomas More et de l’une des plus belles aventures de l'histoire de l'humanité.

Prix Nobel de littérature 2008

Editions Gallimard (Folio), 349 pages, 7 euros
J.H.D. 

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