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Principe de précaution de Matthieu Jung, Stock
 
Un homme averti en vaut deux. Le proverbe populaire guide chaque jour Pascal, un trader de la banque Credixis qui ne supporte pas le moindre risque pour sa santé ou celle de ses proches. Chaque jour, la vie lui fournit de nouvelles raisons de s’inquiéter : parents assassinés par leurs enfants, ordinateurs piratés, maladies cardio-vasculaires, attentats terroristes. A toutes ces menaces, s’ajoute la fusion annoncée de Credixis avec une banque italienne. Les moins performants seront licenciés et chacun essaie de se mettre en valeur, notamment l’exécrable Lionel aux théories réactionnaires et misogynes…

Matthieu Jung dresse le portrait impitoyable d’une classe aisée malade, atteinte d’une hystérie sécuritaire véhiculée par les journaux en particulier les gratuits des transports en commun. Chaque jour charrie son lot de faits divers horribles conditionnant Pascal et ses collègues de bureaux au pire. La peur empêche toute analyse critique. Obsédé par la mort et la perte de son poste, Pascal ne se pose pas les bonnes questions. Le roman diffuse une violence sourde qui éclate sporadiquement dans les discussions houleuses entre ces banquiers ou dans les rapports tendus de Pascal avec son fils Julien.

Matthieu Jung se revendique clairement de Michel Houellebecq avec quelques nuances. L’obsession sécuritaire se substitue ici à l’obsession du sexe si cher à l’auteur des Particules Elémentaires. Elle donne à Pascal l’illusion du contrôle de son existence. Principe de précaution ne possède cependant pas la force visionnaire de son modèle. Au fond, Matthieu Jung reste tourné vers le passé, se contentant d’aligner jusqu’à la nausée une série de faits divers sordides et d’évoquer paresseusement la crise du subprime en 2004 dans un roman écrit en 2008. Il abuse de dialogues outranciers pour illustrer la vulgarité ambiante. Quant à la conclusion aussi prévisible que gratuite, elle confirme le manque d’ambition général du livre.

Editions Stock, 408 pages, 19.5 euros
J.H.D. 

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