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L'Herbe rouge de Boris Vian, Livre de Poche
 
Un pays lointain et fantaisiste comme seule l’imagination fertile de Boris Vian peut en inventer. Dans un cadre bucolique, le docteur Wolf et son assistant Lazuli terminent les réglages d’une étrange machine. Ils vivent non loin de là, entourés de leurs femmes respectives Lil et Folavril et du Sénateur Dupont, un surprenant chien doué de la parole. Mais cette existence paisible ne satisfait guère Wolf. Le savant compte sur sa machine capable de lui faire revivre ses souvenirs pour l’aider à surmonter son mal être…

Contrairement aux classiques que sont devenus L’Arrache cœur ou L’Ecume des jours, L’Herbe rouge joue plus la carte fantastique que surréaliste. Boris Vian emprunte quelques thèmes au cinéma de science fiction alors en plein essor (voyages dans le temps, savant fou…) qu’il conjugue à son écriture fantaisiste et débridée. Mais le ton reste très (trop) sombre. La machine de Wolf sert en effet de catharsis. Elle lui permet de renouer avec ses souvenirs pour mieux les dissiper et effacer les déceptions qui jalonnent sa vie.

A travers la figure du savant dépressif, Boris Vian se confesse en évoquant l’école, sa mère, la religion et son mariage. Le roman met en scène des couples qui se défont, Wolf et Lil, Folavril et Lazuli, le même Lazuli confronté à son double inquiétant. Les hommes et les femmes ne parviennent plus à se comprendre. La folie guette Lazuli. Quant à Boris Vian, il doute plus que jamais et signe un roman du désespoir qui a malheureusement pris un sérieux coup de vieux aujourd’hui.

Editions Hachette (Le livre de poche), 188 pages, 5 euros
J.H.D. 

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