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Unknown Soldier, vol 1: Haunted House de Joshua Dysart & Alberto Ponticelli, Vertigo
 
Unknown Soldier s’inscrit dans une tendance récente du comic book américain qui privilégie les sujets géopolitiques aux histoires d’anti/super héros. Après la situation au Proche Orient avec Sandman Mistery Theatre, Vertigo se penche ici sur la guerre civile qui ravage depuis près de vingt ans la région des grands lacs. Unknown Soldier met en scène le docteur d’origine ougandaise Moses Lwanga, un brillant médecin formé dans les plus prestigieuses universités américaines. Il décide de mettre ses connaissances au service de son pays natal et rejoint les camps de réfugiés du Nord de l’Ouganda pour mener ses projets humanitaire malgré le climat de tension permanente. Le gouvernement du président Museveni et les rebelles de Joseph Kong se livrent à une lutte à mort dont les visions d’horreur ont rapidement raison des bonnes intentions de Moses qui révèle son vrai visage dans la savane ougandaise…

On ne peut pas reprocher aux auteurs de s’intéresser à un tel sujet confiné à la banalité des journaux télévisés. A travers l’exemple de l’Ouganda, Unknown Soldier met en scène une Afrique ravagée par les guerres civiles alors qu’en coulisses, les grandes puissances occidentales s’approprient les richesses naturelles. Les auteurs insistent cependant sur l’horreur du conflit, la bande dessinée permettant de donner un relief sanglant aux images policées du journal télévisé. Malheureusement, cela ne remplacera jamais une bonne intrigue. Unknown Soldier souffre avant tout d’une histoire assez simpliste. La métamorphose de Moses en machine de guerre reste peu plausible et renvoie immanquablement à un récit à la Jason Bourne. Les aventures du héros demeurent cependant nettement moins palpitantes et très répétitives, partagées entre traque ou libération de petites orphelines convoitées par une armée d’enfants soldats.

Unknown Soldier ne surprend en définitive que par la peinture ambigüe de la religion et les vignettes remarquables où Moses prend à parti le Christ sur la croix qui trône dans la chapelle de l’orphelinat. Dieu semble avoir déserté ces territoires ougandais. Moses, Museveni ou Kong parlent en son nom en permanence mais ironiquement par leurs actions, ils ne propagent que la violence, vouant ces terres africaines aux divinités infernales de la guerre civile et de la destruction.

Editions Vertigo, 144 pages, 9.99$
J.H.D. 

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