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chroniques littéraires

Mon petit garçon de Richard Morgiève, Editions Joelle Losfeld
 
Au nom du Père

Dans ce court roman, Richard Morgiève évoque l’enfance de son fils ainsi que les différentes épreuves qu’il a du surmonter ces dernières années, à commencer par la séparation avec la mère de ce petit garçon…

Avant tout, Mon petit garçon est le livre d’un homme blessé, « un homme couché, à terre ». L’auteur évoque les difficultés de la paternité, car le père comme il l’a répété sur France inter, « il ne lui reste plus que son nom ». Ainsi, l’écriture se fait ici à l’orée d’une angoisse existentielle, celle de ne plus rien signifier, d’être oublié. Ce n’est pas un hasard si l’auteur insiste sur des gestes à priori anodins. Chacun constitue une victoire sur le destin et extirpe l’auteur de la solitude et du désespoir.

Mais ce qui attire le plus l’attention du lecteur, c’est cette formidable pulsion de vie qui anime le roman. Pourquoi écrire ? Pour se relever, guérir de ses blessures intérieurs, de l’abandon de soi et des autres. La formule « Je n’ai rien que ce petit garçon c’est tout ce qui me reste, mon petit garçon. C’et tout ce qu’il me reste » résume assez bien l’entreprise. L’enfant et le livre participent à un douloureux processus de reconstruction (« je suis fait de plaques et souvent ça craque entre elles ») mais salvateur comme le révèlera l’épilogue. Une œuvre magnifique, un des chants d’amour les plus poignants de la littérature française contemporaine.

Editions Joelle Losfeld (Arcanes) 59 pages, 6.50 euros

J.H.D. 

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