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chroniques littéraires

Ce que Dieu et les anges de Richard Morgiève, Pauvert
 
Chez Richard Morgieve, l’écriture est affaire de reconstruction, c’est tout ce qui restait au narrateur désemparé de Mon petit Garçon. Ce nouveau roman explore la même voie mais de façon nettement plus radicale car pour «en finir avec l’écriture de la peine», l’auteur revient directement aux sources du drame, la mort de la mère( «J’ai choisi d’en finir avec le mythe de la mère, et avec l’écriture issue de ma peine.»).

Le film relate les errances d’une femme malade et de son jeune fils. Empreint d’une poésie brutale, le roman glisse petit a petit vers l’impossible, les humiliations, la mort, la douleur que les mots ne peuvent plus restituer. La phrase se délite pour mieux signifier ce deuil aussi impossible que l’amour.

L’enfant porte un regard accusateur sur sa mère, à travers la description de ses aventures. («Elle s’ouvrait pour lui dévorer le sexe ? Pour vomir son souvenir sur son ventre ? Comment pouvait elle me supporter dans ce cas ? Mon Dieu comment pouvait elle m’accepter dans sa vie, moi moitié de lui et image ratée d’eux Comment pouvait elle m’aimer ? »). Derrière l’apprêté du jugement, pointe l’angoisse du rejet, de la perte que la mort terrible dans le wagon Paris Nice vient accentuer, en laissant le fils sans réponses, des réponses que ce livre essaie a sa manière de trouver pour se réconcilier une bonne fois pour toute avec la figure maternelle.

Editions Pauvert, 100 pages, 15 euros
J.H.D. 

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