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Rhinocéros de Eugène Ionesco, Gallimard
 
La Bête Immonde.

Les habitants d’une petite ville de province sont confrontés à l’apparition soudaine de rhinocéros. D’abord troublés puis fascinés par les animaux, ils se transforment les uns après les autres au grand désespoir de Béranger, un modeste employé de bureau qui assiste inexorablement à la multipication des pachydermes.

Avec cette pièce grave, Eugène Ionesco poursuit son jeu sur le langage théâtral dont il démontre l’absurdité, notamment à travers les théories rocambolesques du logicien. Rhinocéros joue ainsi la carte d’un fantastique absurde, voire totalement parodique avant de basculer dans l’effroi pour aborder des sujets plus sérieux. L’auteur s’intéresse en effet aux mécanismes qui permettent à certaines idéologies de se développer, leur emprise sur la société, avec en toile de fond l’évocation des totalitarismes du vingtième siècle (« La nature a ses lois. La morale est antinaturelle » affirme furieux Jean). A travers les carences du langage, son incapacité à incarner les choses et les idées ou à imposer une échelle de valeurs (« Peut-on savoir où s’arrête le normal, où commence l’anormal », demande Dudard avant de renoncer), l’auteur des Chaises perçoit une forme d’aliénation pour l’individu et trouve à travers le personnage de Béranger, anti-heros solitaire et désabusé, le porte drapeau idéal pour affirmer son engagement politique et redonner à l’humain sa véritable place dans le monde.

Editions Gallimard (Folio) 246 pages, 4.50 euros.
J.H.D. 

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